Signature Villa

Entretien

Octavio Mestre
de OMA

Parlez-nous d’OMa…

Nous sommes plus une étude qu’un bureau d’architectes, car plus que traiter et classer les problèmes, nous les étudions. Nous avons choisi de limiter notre croissance ; nous n’avons jamais compté plus de 6 architectes, ce qui ne nous a pas empêchés de construire 150 projets, dont certains très importants, dans plusieurs pays. Notre échelle volontairement restreinte nous a permis de surmonter les crises avec dignité (n’oublions pas que les petits mammifères ont survécu à l’impact des météorites, contrairement aux dinosaures), et ne dit-on pas que « les Catalans mangent peu et digèrent bien ».

Trouver des solutions avant l’apparition des problèmes (je l’ai appris en lisant Wagensberg) est crucial : cette anticipation est une condition de survie. Travailler dur et posséder une certaine intelligence commerciale (qui comprend l’aptitude à susciter la confiance des clients), sans renoncer à l’essentiel, à savoir ni le client ni nous-même, mais la qualité de ce que nous créons et construisons, en sachant que le meilleur général n’est pas celui qui remporte le plus de batailles, mais celui qui parvient à les éviter.

Si nous sommes parfois considérés comme les spécialistes des espaces de travail, immeubles de bureaux et sièges d’entreprise, villas de luxe, réhabilitation de patrimoine ou centres commerciaux, notre vocation est en réalité plus ouverte. J’ai créé OMa juste après avoir terminé mes études, à la fin des années 1980 et, depuis lors, nous n’avons cessé d’enchaîner les projets.

Comment définiriez-vous votre carrière ?

Je conçois la discipline comme un tabouret à trois pieds : la construction est le premier, l’enseignement le deuxième (j’ai dispensé des cours à plus de 4 000 étudiants dans une vingtaine d’universités d’une douzaine de pays) et le troisième est la recherche qui aboutit évidemment à la diffusion et l’édition. Outre les ouvrages rédigés (12 monographies sur notre travail) et plus de 300 articles publiés, je codirige un magazine d’architecture en ligne, t18magazine, dont chaque numéro est lu en moyenne par 35 000 personnes et qui compte de nombreux abonnés dans plus de 110 pays.

Quelle est la valeur ajoutée d’Hormipresa ?

La solvabilité d’un grand groupe qui fait bien son travail est toujours une garantie de réussite. Que sa valeur différentielle soit de bien faire son travail implique et signifie que la plupart ne le font pas, et l’intérêt des « villas signatures » réside dans la possibilité de personnaliser les projets en fonction des besoins ou des goûts des clients.

Parlez-nous de son système de construction et de son système d’isolation…

À l’avenir, la construction se fera de plus en plus en usine et non sur le chantier. La précision, le fait de ne pas être soumis aux conditions météorologiques, de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée, tous ces facteurs garantissent la qualité du résultat. Cette prémisse que nous acceptons parfaitement pour la construction de voitures, la fabrication de meubles ou de vêtements n’est pas toujours bien perçue par la société qui pense encore qu’un logement préfabriqué est synonyme de construction au rabais, quand il n’est pas associé à une image de pauvreté et de précarité…

La fabrication de panneaux de qualité intégrant une isolation thermique résout le problème des ponts thermiques et permet de réaliser des économies d’énergie (la durabilité passe par nos factures de chauffage et de climatisation) et, surtout, nous fait gagner beaucoup de temps sur la construction, ce qui évite les dépassements de délais et réduit les surprises sur les chantiers. Car sur un chantier, tout peut arriver… tous les acteurs du secteur sauront à quoi je fais référence.